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QAI : comment garantir un air sain dans les établissements recevant du public ?

La qualité de l'air intérieur (QAI) est devenue un enjeu de santé publique majeur pour les Établissements Recevant du Public (ERP). Avec un cadre réglementaire renforcé, les gestionnaires d'établissements sont tenus de garantir un environnement sain pour les usagers et le personnel. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des risques sanitaires et juridiques importants. Cet article détaille la réglementation en vigueur et présente les solutions pour y répondre efficacement, en transformant une contrainte légale en un véritable levier de performance et de confiance.

Salle de Bureau

Pourquoi la QAI en ERP est-elle un enjeu crucial ?

Une mauvaise qualité de l'air intérieur a des conséquences directes et mesurables. Selon l'Anses, la pollution de l'air intérieur serait responsable de près de 20 000 décès par an en France, avec un coût annuel estimé à 19 milliards d'euros.

Les polluants, d'origines diverses, s'accumulent dans les environnements fermés :

  • Polluants chimiques : Composés Organiques Volatils (COV) issus des matériaux de construction, du mobilier, des produits d'entretien (formaldéhyde, benzène).
  • Polluants biologiques : moisissures, allergènes, bactéries et virus, dont la propagation est favorisée par une mauvaise ventilation.
  • Polluants liés à l'activité humaine : dioxyde de carbone (CO2), particules fines.

L'exposition à ces polluants peut provoquer des symptômes variés, allant de la simple gêne (maux de tête, fatigue, irritation) à des pathologies chroniques graves comme l'asthme, les allergies respiratoires ou des maladies cardiovasculaires.

Pour les populations les plus fragiles (enfants, personnes âgées, malades), les risques sont encore plus élevés.

Un cadre réglementaire de plus en plus strict

Face à cet enjeu de santé publique, la législation française s'est progressivement durcie. Initiée par la loi Grenelle II en 2010, l'obligation de surveillance de la QAI dans certains ERP a été renforcée par les décrets du 27 décembre 2022, applicables depuis le 1er janvier 2023.

Ce nouveau dispositif impose une démarche de surveillance structurée et continue, visant une amélioration constante de la qualité de l'air.

Qui est concerné ?

La réglementation s'applique de manière progressive. Sont notamment concernés :

  • Les établissements d'accueil d'enfants de moins de 6 ans (crèches, garderies) et les écoles maternelles et élémentaires (depuis 2018).
  • Les centres de loisirs et les établissements d'enseignement du second degré (depuis 2020).
  • Depuis le 1er janvier 2025, l'obligation est étendue à de nouvelles catégories, incluant les structures sociales et médico-sociales (EHPAD), les établissements de soins de longue durée et certains établissements pénitentiaires pour mineurs.

Les 4 piliers de la surveillance réglementaire de la QAI

La réglementation impose aux gestionnaires d'ERP une surveillance en quatre étapes clés :

  • L'évaluation annuelle des moyens d'aération : Cette étape inclut une inspection des systèmes de ventilation et, nouveauté importante, la mesure du taux de CO2.
  • Un taux élevé de CO2 est un indicateur clé d'un renouvellement d'air insuffisant, favorisant la concentration de tous les polluants.
  • L'autodiagnostic de la QAI : À réaliser tous les quatre ans, cet audit permet d'identifier les sources de pollution potentielles (matériaux, mobilier, produits d'entretien), de vérifier l'état des systèmes de ventilation et d'analyser les pratiques de nettoyage.
  • Les campagnes de mesures des polluants : Des mesures de polluants spécifiques (formaldéhyde, benzène, CO2) doivent être effectuées par un organisme accrédité lors d'étapes clés de la vie du bâtiment, comme des travaux de rénovation importants.
  • Le plan d'actions : Sur la base des informations recueillies, un plan d'actions personnalisé doit être élaboré et mis à jour.
  • Il doit détailler les mesures correctives à mettre en place pour améliorer durablement la qualité de l'air.

Comment garantir un air sain dans votre établissement ?

Se conformer à la réglementation et assurer un air de qualité passe par une approche globale et professionnelle.

1. Miser sur la ventilation et le renouvellement de l'air

La ventilation est le premier levier d'action. La crise sanitaire du COVID-19 a rappelé son rôle essentiel pour diluer les polluants et limiter la transmission des agents infectieux aéroportés.

Il est indispensable de s'assurer du bon fonctionnement et de l'entretien régulier des systèmes de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) et de ne jamais obstruer les grilles d'aération.

2. Mettre en place une surveillance en continu

L'installation de capteurs de CO2 est désormais une obligation et un outil précieux. Ils permettent de suivre en temps réel le niveau de confinement d'un local et d'agir rapidement (par exemple, en aérant) lorsque les seuils recommandés sont dépassés.

3. Faire appel à des experts de l'hygiène de l'air

La complexité de la réglementation et la technicité des interventions requièrent une expertise spécifique. Un professionnel de l'hygiène de l'air vous accompagnera pour :

  • Réaliser un diagnostic complet de votre établissement.
  • Effectuer les mesures de polluants conformément aux exigences légales.
  • Entretenir, nettoyer et désinfecter vos systèmes de ventilation.
  • Vous aider à élaborer et mettre en œuvre un plan d'actions efficace et pérenne.

En conclusion, la gestion de la qualité de l'air intérieur en ERP est une démarche proactive qui va bien au-delà de la simple conformité réglementaire. C'est un investissement pour la santé et le bien-être des occupants, un gage de sérieux pour votre établissement et un facteur de performance sur le long terme.

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